Avis Elden Ring

Sortie le 25 février 2021 sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series et Windows, Elden Ring ne cesse de faire parler de lui. Après 12 millions d’unités vendues en à peine 3 semaines, est-ce que le dernier jeu de FromSoftware mérite finalement tout cet engouement ?

Autoportrait d’un joueur FromSoftware

Nous sommes en 2016 lorsque Dark Souls 3 débarque sur nos consoles. Cet opus constitue ma première expérience dans l’univers FromSoftware, et force est de constater que cette première rencontre m’aura extrêmement fait souffrir. Une douleur sadomasochiste très drôle à analyser avec le recul que j’ai maintenant, 5 ans plus tard et quelques Souls dans les dents. Déjà à cette époque, je constatais dans de multiples discussions que les joueurs habitués de la licence clamaient haut et fort à quel point Dark Souls 3 était d’une simplicité déconcertante par rapport aux anciens jeux de la série. Encore vierge de tout supplice consenti, le jeune joueur que j’étais se retrouvait propulser dans un univers très peu accueillant, avec pléthore d’éléments obscurs incompréhensibles pour le joueur pris très souvent par la main que j’incarnais.

La culpabilité de ne pas réussir à avancer dans l’histoire, alors que les autres “gamerz” affirmaient que ce jeu était franchement facile, grossissait de plus en plus en mon for intérieur. Rongé par ces sentiments, j’ai tout simplement avancé sans jamais lire une seule information, une seule indication sur la manière de bien progresser dans cet univers. Vous savez le scaling des armes ? La bonne répartition des points d’expériences par rapport à cela ? C’est simple, je n’en ai jamais entendu parler, parce que même si cette information est indiquée dans le jeu, ça ne l’est jamais fait de manière claire ou en tout cas de façon très succincte. Pourtant, j’ai adoré souffrir, j’ai adoré être bloqué des mois (oui) sur le roi sans nom à taper avec une arme dex accompagné de mon build force …

J’ai finalement mis une année entière à terminer Dark Souls 3, dans la sueur et les larmes. Encore tout retourné par cette expérience, j’ai remis le couvert avec Bloodborne qui a été le véritable coup de coeur, le véritable chef-d’oeuvre dans mon coeur des jeux FromSoftware. Et pourtant, une seconde fois, je réalise quelques années plus tard que j’ai parcouru cette aventure de la même manière que lors de mon apprentissage de Dark Souls 3. Je ne connaissais rien du scaling … Parce que je me sentais coupable d’avoir besoin d’aide … Et puis bon, j’avais réussi à terminer Dark Souls 3 sans aucune aide, alors pourquoi en aurais-je besoin pour Blooddborne ? Je veux faire partie de l’élite.

Ces deux expériences m’ont appris à aller au bout de moi-même, à en chier de manière bien trop outrancière. Par ailleurs, cet excès de douleur n’a aucune raison d’être, je possédais des heures devant moi et beaucoup de temps à perdre. Dès lors, mon esprit étriqué de jeune joueur ne pouvait pas s’imaginer manquer de respect à l’ADN des Souls érigé par la communauté. Cette même collectivité qui s’est approprié le droit dicter la bonne conduite à avoir manette en main.

Avis Elden Ring

Quelques ellipses et Dark Souls/Sekiro plus tard, me voilà devant Elden Ring. Je suis un autre homme, une autre personne avec des objectifs et des attentes différentes. L’élitisme feint se situe derrière moi. Je connais maintenant quelques ficelles pour avancer et pouvoir maroufler à ma manière les différents monstres et autres boss des Souls…  Mais je n’oublie pas ce statut de nouveau venu qui a dû se débrouiller seul avec son épée, que j’ai moi-même étiqueté sur ma manette suite à toutes ces pressions de la communauté.

Une nouvelle accessibilité toujours aussi obscure

Avec Elden ring, les équipes de FromSoftware semblent avoir digéré le désir des non-initiés à sauter les pieds joints dans les univers créés par le studio. Si les équipes du dernier jeu de FromSoftware ont intégré les différents retours des joueurs incapables de passer le premier boss des Dark Souls, c’est d’après moi pour un bien. Même si les mécanismes restent un copier-coller des anciens jeux du studio, l’aventure ose enfin s’ouvrir au monde en donnant les cartes nécessaires à l’évolution de votre profil de nouveau venu. Si par ailleurs, vous connaissez la licence, affronter les boss et les différents ennemis composant le bestiaire ne posera sans doute pas plus de souci que d’habitude. Les petits ajouts, comme l’accessibilité du saut, font plaisir et apportent une facilité au maniement de notre perso. Je ne vais pas lister ces nouveaux ajouts, mais sachez qu’ils font partie de cette nouvelle manière de visualiser le monde d’Elden Ring.

Les différents ajouts d’accessibilité dans cet univers tendent à offrir un plaisir de jeu enfin atteignable du bout des doigts pour les personnes réfractaires à la difficulté associée au nom du studio. Malheureusement, cette illusion de l’accessibilité me ramène à mes débuts. Bon nombre de joueurs n’osent pas utiliser les outils proposés par le jeu. Par peur de ne pas relever un défi ? Par crainte d’être catalogué dans une catégorie de “nul” incapable d’affronter un boss sans une aide permise par le jeu ? Ou encore tout simplement par inattention, car la nouvelle fonctionnalité n’est pas clairement expliquée ? Probablement un peu de tout ça … Sans jamais vous prendre la main, FromSoftware fait autant du bien, que du mal à sa licence pour les nouveaux joueurs. En vous replongeant dans vos débuts, vous constaterez que l’apprentissage des Souls n’est pas forcément une partie de plaisir, surtout si comme moi, vous n’avez pas osé lire des indications sur internet.  Je vous propose à tous de réaliser l’exercice chez vous, comment avez-vous appris à jouer à un Souls ? Vous aurez probablement des réponses différentes ou parfois similaires. Car votre personnalité se reflète sur votre appréhension de parcourir un titre FromSoftware.

Avis Elden Ring

En établissant un parallèle quant à l’apprentissage d’un Souls-like vis-à-vis de votre personnalité, vous réaliserez que dans l’adversité, le jeu vidéo n’est qu’une prolongation de votre être et de vos caractéristiques personnelles. Attaquer quelqu’un sur sa manière de jouer, c’est s’attaquer personnellement à un être humain. Pourquoi le faire dans un jeu vidéo, alors que vous ne le faites pas dans la vraie vie ? Peut-être, car la passion exacerbée et l’état parfois de transe dans lequel peuvent plonger les Souls prend le pas sur nos valeurs. Il convient alors de se recentrer sur soi-même.

Si vous apercevez quelqu’un exterminer un boss à l’aide d’une cendre d’esprit, cela constitue son droit. Son plaisir prend le pas sur le vôtre. Jouer à un jeu vidéo est un plaisir purement égocentrique dans certains cas. Les jeux FromSoftware en sont  le parfait exemple, tuer un boss flatte votre égo. Le besoin d’exposer son fait d’armes devient alors  un trophée à brandir à la face du monde. Évidemment, ce n’est pas le cas de toutes et tous, mais ceci reste un constat bien évident à relever sur les réseaux sociaux.

Elden Ring devient une appropriation égocentrique où votre expérience se révèle être un shot d’adrénaline à chaque boss abattu. La dopamine agissant de la sorte, vous voulez forcément que les autres joueurs ressentent ce même fixe de drogue que vous avez ressenti. Votre générosité se transforme en autosuffisance, car vous oubliez que nous sommes toutes et tous différents, que ce fameux shot de dopamine fonctionnera aussi sur un joueur tirant du plaisir de son aide ingame (Cendre de guerre, d’esprit, invocations …).

Chacun son Elden Ring

En vous imposant vous-même une routine de jeu, vous trouverez votre dose de plaisir/souffrance. Les défis dans ce Elden Ring sont imposés en grande partie par vos désirs et vos attentes. La rigueur de ne pas utiliser des sorts complètement surpuissants ou une cendre d’une aide précieuse vous incombe. L’expérience de la difficulté sur Elden Ring est à construire selon vos attentes. Votre appréhension du jeu se matérialisera comme une aventure unique, une exploration que vous avez réalisée à votre propre sauce.

En contrepartie, FromSoftware propose un monde ouvert avec ses qualités et ses défauts. Suite à la création de cet univers si riche à explorer, un problème d’équilibrage fait surface, il n’est pas rare alors d’explorer et de récolter beaucoup trop de points d’expériences (runes), par rapport à votre avancement dans l’histoire, malgré un mur censé vous empêcher d’évoluer dans ladite zone. Les plus téméraires se retrouveront avec un personnage beaucoup trop évolué pour la suite de l’aventure. Mais comment se contenir quand la magie de cet open-world propose d’explorer d’innombrables endroits comportant une direction artistique impossible à ignorer et appelant à l’exploration… De plus, le sentiment d’obtenir des récompenses à chaque détour ou défi relevé ne cesse de vous aspirer dans le tourbillon d’avoir été happé dans un monde sans fin où toute action mérite salaire.

Avis à chaud sur Elden Ring lors d’un Live Twitch

5

En Bref

Elden Ring est un appel à l’aventure digne des plus grands Open-World depuis Breath of The Wild. Si la crainte de débarquer dans un jeu de l’envergure et de la difficulté d’un FromSoftware vous réfrène, n’hésitez pas à demander de l’aide, à lire des guides. Jouez à votre manière tout en tirant à profit le plaisir que le jeu vous procurera sans culpabiliser d’une pseudo élite rabaissant votre gameplay. Elden Ring est un grand jeu avec une grande direction artistique et un lore d’une richesse infinie.

Attention, mon avis ne s’attarde pas réellement sur le gameplay, renseignez -vous grâce à des tests plus aboutis pour savoir si le jeu peut vous plaire !

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