Avis Les chefs d'œuvre Ito

Premier tome de la série des chefs d’oeuvre de Junji Ito, le manga du maitre japonais édité par Mangetsu en France délivre toute l’essence de ce qui forge le talent du mangaka.

Sélectionnées par l’auteur lui-même, les 10 histoires courtes respectent la chronologie de publication et le processus créatif de l’homme. Pour autant, malgré une évolution dans les traits du dessin, la qualité des récits se révèle présente dès la première intrigue. En conséquence, l’implication du lecteur ne faiblit à aucun moment, voir au contraire s’intensifie dès qu’un thème le touchera au coeur des ses angoisses.

Déjà abordée lors de mon avis sur Gyo du même auteur, la frontière entre le ridicule et la capacité à ne jamais franchir la limite de celle-ci se trouve ici être démontrée à la perfection. Ce talent de funambule ne cesse de me fasciner. À tel point que mes nerfs se trouvent parfois être mis à rude épreuve. Cet état de nervosité constant participe pleinement à l’expérience “Junji Ito”. En m’exposant de la sorte, je me retrouve régulièrement  sur une brèche où le rire nerveux s’assimile à une sorte de folie ambiante matérialisée par la virtuosité psychologique instaurée par les différentes saynètes.

Loin d’exceller uniquement en ce sens, Junji Ito décide parfois de devenir plus sérieux et d’accoucher de nouvelles plus franches. L’exemple parfait de ce tome est incarné par “Un rêve sans fin”, un savant mélange entre rêve cauchemardesque et peur de l’infinité. En puisant dans l’inspiration lovecraftienne, l’auteur japonais réussit à coucher sur papier sa propre vision des idées de l’homme de Providence.

Avis Les chefs d'œuvre Ito

Les chefs d’oeuvre de Junji Ito résument parfaitement bien la possibilité pour les lecteurs de découvrir le mangaka de manière tout à fait morcelée. Que ça soit dans ses mangas “construits” autour d’un fil rouge ou non, la logique de Ito se positionne d’une telle façon qu’il est possible de lire chaque chapitre de manière déconstruite. Même si cette règle n’est pas généralisée, elle reste très souvent d’actualité, comme dans Tomie. Cette approche offre la chance de ne jamais trainer en longueur et d’obtenir un récit vif. En contrepartie, il ne faut jamais s’attendre à de longues explications. La place à l’imaginaire occupe une place importante dans bon nombre des oeuvres proposées.

Si le coeur vous en dit, vous pouvez retrouver mes précédents avis sur le maitre de l’horreur ici :

5

En Bref

En fin de compte, la préface de Alt236 et l’analyse de fin de Morolian définissent très bien la pensée que j’arbore de l’oeuvre. Mon avis ne constitue qu’une redite moins documentée de ce qui fait le sel de ce recueil d’histoire. Finalement, si l’impression de tourner un peu en rond dans mes avis sur Ito s’immisce dans mon esprit, c’est probablement, car l’oeuvre traitée aujourd’hui condense parfaitement bien les sorties précédentes.

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