TEST Solar Ash PS5

Solar Ash est disponible depuis le 2 décembre sur PC (Epic), PlayStation 4 et 5. Le jeu est développé par Heart Machine et édité par Annapurna Interactive. Déjà à l’oeuvre sur Hyper Light Drifter, les développeurs livrent ici pour la première fois une aventure en 3D, où le gigantesque côtoie l’infime.

Lettre d’amour à Shadow of The Colossus

À chaque glissade dans l’univers de Solar Ash, mon esprit n’a cessé de me rappeler mes chevauchés fantasmées dans le monde de Shadow Of The Colossus. Car même après avoir délaissé le monde esseulé sorti tout droit de l’esprit de Fumito Ueda, je n’ai eu de cesse de me remémorer ce voyage. Au plus profond de mon être, l’expérience délivrée par le sauvetage de Mono par Wander m’a remué de nombreuses fois, au point qu’il ne passe pas une année sans que mon coeur ne chavire dans la poésie macabre de ce conte envoutant. Pour un fan des escapades meurtrières de SoTC, il est impossible de ne pas ressentir les similitudes avec Solar Ash. Ces rapprochements auraient pu porter préjudice à la dernière production des créateurs de Hyper Light Drifter. Pourtant, une fois l’acceptation de ne pas comparer à outrance les deux créations vidéoludiques, une fois la compréhension que Solar Ash n’atteindra pas la même stature poétique que les oeuvres de Fumito Ueda, l’oeuvre solaire entre mes mains a endossé un rôle salvateur afin de s’affranchir et revêtir une identité propre. 

Si je me permets une incartade pour parler d’un autre jeu dans mon avis de Solar Ash, c’est tout simplement, car il a été nécessaire de m’exorciser. Parfois, si votre esprit ne parvient pas à se détacher d’une idée fixe, il devient presque impossible de comprendre où une autre création désire se projeter. C’est en acceptant de se remettre en question, que notre âme parviendra à se libérer d’un schéma de désir préconçu à partir d’un modèle. Au fond, même si les inspirations et les ersatz sont légions dans le monde des jeux vidéo, chaque création a pour objectif faire passer un message. Il convient parfois de se détacher de l’oeuvre originale afin d’appréhender ce que les créateurs espéraient nous raconter.

L’ombre des colosses planera éternellement dans ma vie de joueur.

Cendre Solaire

Dans Solar Ash, le joueur incarne Rei, un membre des Coureurs du vide, dont elle est vraisemblablement la dernière survivante. Le but de Rei est de sauver le monde en anéantissant un gigantesque trou noir absorbant tout sur son passage. La particularité des Coureurs du vide est de se déplacer en glissant sur le sol à l’instar d’une personne chaussant des rollers ou des patins. Il est également possible d’injecter une pulsion afin d’insuffler plus de vitesse à vos mouvements. Pour vous déplacer en “sécurité”, vous pourrez utiliser une attaque de façon à anéantir les ennemis se dressant face à vous.

TEST Solar Ash PS5

Pour ainsi dire, les simples ennemis rencontrés dans l’aventure ne font office que de chaire à pâtée et ne servent qu’à agrémenter les décors parcourus. Le coeur du jeu est bien loin de résider dans ces affrontements franchement anecdotiques. Si bien que si ces derniers n’avaient pas existé, l’expérience de jeu aurait été similaire à peu de choses près.

Le gigantisme stellaire

Là où Solar Ash tire toute sa force réside dans sa manière de représenter le gigantisme des décors et des différents colosses à affronter afin de se rapprocher de la destruction du trou noir. En insérant Rei au sein d’une planète regorgeant d’architectures immenses, la taille démesurée de ces décors parvient à  procurer un sentiment de vertige incessant. En glissant sur les nuages à une vitesse folle, les chutes au détour d’un mauvais mouvement ramènent inéluctablement à notre condition de fourmi dans un cosmos dépassant notre statut d’être vivant. Si punitives que ces chutes puissent être, elles ne représentent pourtant que très rarement une frustration tant parcourir les immensités offertes à nos yeux constitue un plaisir insondable. Pour aider à cette euphorie du voyage, la cohérence des couleurs choisies offre une direction artistique parfaite aux thématiques de la découverte.

TEST Solar Ash PS5

L’exploration des différents paysages s’opère grâce à différents objectifs à remplir. De cette manière, il faudra découvrir une route précise à emprunter dans le but de détruire des éléments visuels amenant à l’éveil d’un colosse dans le tableau exploré jusqu’alors. Cette routine s’opère tout au long de l’épopée et réussit à ne jamais lasser grâce à plusieurs réinventions, bien que ces dernières ne révolutionnent à aucun moment les mécaniques apprises dès le début du jeu.

Danse macabre

Dès la libération du boss, il sera nécessaire de trouver un point d’accroche de manière à accéder au dos de la bête gigantesque. Une fois harnaché au boss, il faudra détruire différentes terminaisons nerveuses dans un ordre établi, mais logique. Cette suite de mouvements à réaliser devra être répétée trois fois. Loin d’être une promenade de santé, la difficulté de cette tâche peut se révéler être corsée.

Par ailleurs, ces affrontements dantesques se matérialisent comme une des grandes forces de Solar Ash. Car dès l’arrivée sur le dos des géants, une danse se met en place où chaque mouvement s’insère dans une chorégraphie à respecter, mais permettent toujours un brin de folie. Chaque point à anéantir sur les boss demande d’être annihilé dans un timing très précis laissant très peu de place à l’erreur. Le plaisir de voltiger en réalisant une danse, où la puissance infiniment minime côtoie la majestuosité d’un être semblant intraitable, se métamorphose en une addiction perpétuelle. Voir une de ces entités débarquer déclenche une irrépressible envie de danser au côté de ce nouveau partenaire destiné à un destin funeste.

TEST Solar Ash PS5

Histoire de musique

Du côté de sa bande son, elle est de nature à être discrète, avant de se dévoiler parfois d’une manière un peu plus appuyée. Le travail que l’on connait de l’artiste Disasterpeace (Fez, It Follows, Hyper Light Drifter) est ici plus différent qu’à l’accoutumée. Pour cause, il est loin d’être le seul à officier sur la bande-son. À ses côtés, nous retrouvons par exemple Joel Corelitz, déjà à l’oeuvre sur l’excellent Eastward. Cette collaboration ramène à une expérience un peu plus intimiste dans le “grand”, ce qui correspond à merveille aux messages prodiguée par le jeu.

À l’image de sa musique, Solar Ash offre une histoire discrète, mais présente. En disséminant quelques éléments clés dans sa compréhension à travers quelques quêtes annexes, le jeu ne s’embourbe jamais dans des schémas trop cryptiques. Cependant, l’histoire regorge de mystères et de sous-entendus méta propices à la philosophie et à la remise en question. En ligne droite, le jeu ne mettra pas plus de 6-7 heures avant de dévoiler sa fin.

4

En Bref

Solar Ash réalise l’exploit de s’inspirer de ses modèles tout en se détachant suffisamment afin d’acquérir sa propre identité. Même s’il rappelle inexorablement des grandes oeuvres de l’industrie, le jeu parvient à créer un monde envoutant où la direction artistique offre une expérience tout à fait unique.  Danser en rythme avec les géants dans une parfaite chorégraphie restera un souvenir intarissable.

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