TEST Pokémon Legends: Arceus

Retour sur mon expérience de Pokémon Legends: Arceus , le jeu attendu comme le messie capable de me sauver du gouffre d’ennui abyssal dans lequel je me suis retrouvé projeté depuis de très nombreuses années.

Pokémon, petit monstre, tu es le champion !

Attendu comme le nouvel épisode pouvant réécrire la destinée du genre Pokémon, Legends Arceus a fait baver une belle brochette de Poké-Fans à travers le monde. Sans m’attarder sur le public déjà convaincu de l’acheter, puisque « Pokemon » s’apparente à une religion indétrônable au sommet des licences de cœur, je miserai tout sur une approche du vieux joueur lassé très rapidement par une formule se reposant sur une base vieillissante depuis belle lurette. Et ce ne sont pas les nombreux ajouts au fil des années qui me feront changer d’avis. En effet , malgré un effort de Game Freak de saupoudrer chaque opus d’une nouvelle fonctionnalité, le matériel de fond demeurait le même et peinait à convaincre certaines personnes victimes du syndrome « je suis un(e) gars/meuf qui se lasse très vite », dont je fais partie.

Vous commencez à le savoir si vous me lisez, je n’aime plus vraiment vous expliquer longuement les différentes boucles de gameplay et autres mécanismes de jeu. Je préfère m’attarder sur une logique, sur un angle d’attaque en adéquation avec mes sentiments. Ici, vous ne trouverez pas d’explications sur le fonctionnement du jeu, mais un avis sur les émotions que le jeu me prodigue.

Pour être tout à fait franc, le dernier Pokemon dont je me suis entiché était la version Or. Entre-temps, j’ai évidemment tenté à diverses reprises de replonger dans les multiples nouvelles itérations. Pokemon épée étant le dernier essai, celui-ci s’est malheureusement avéré peu concluant. Les défauts et les qualités d’un jeu peuvent parfois être très ancrés dans l’esprit , d’où mon incapacité à m’extasier sur ce jeu, tentant pourtant une quantité de choses nouvelles et prometteuses. Pourtant, ne pas avoir accroché à ces nouvelles générations a été pour moi un facteur de découverte jouant en la faveur de Arceus (le jeu, pas le Pokemon).

Ma version adolescente ne vivait que pour voir de ses yeux de myopes un Pokemon où la faune gambaderait en temps réel sur une carte et où je ressentirais le danger et la fougue d’un jeune dresseur prêt à braver tous les obstacles. Arceus a éveillé en moi ce vieux souvenir, ce doux rêve, d’enfin me glisser dans la peau d’un aventurier. Nous sommes probablement beaucoup à avoir eu ce rêve. Et Pokemon Legends Arceus a décidé qu’il était temps pour nous de nous rappeler l’enfant naïf que nous étions, et que nous sommes parfois encore.

Car là où ce nouveau jeu de Game Freak est diablement fortiche, c’est grâce à sa capacité de jouer avec notre nostalgie en propulsant un idéal d’enfant dans un monde que nous étions déjà prêts à recevoir 15 ans auparavant. L’attente a été outrageusement longue, que dorénavant, on se contentera de ce qu’on nous donnera. Si vous y réfléchissez, cette pensée peut paraître violente à bien des égards, et je pense que Pokemon Company l’a bien compris, puisque Pokemon, ça se vend et c’est comme ça.

C’est l’heure du duel !

Le duel entre ma personnalité enfantine et mon âme d’adulte n’a eu de cesse de perturber mon approche. Car si d’un point de vue purement adulescent, ce Pokemon est un vrai plaisir, en le regardant avec une approche plus mesurée, ce jeu est une honte technique. L’ignorer relèverait du non-sens total, et je visualise les personnes admiratrices des graphismes de ce Arceus comme des membres d’une secte incapable de jugement (ou comme des aveugles), oui, il existe des personnes de cette espèce. Lister les horreurs techniques de cette cartouche Switch ne sert pas franchement à grand-chose, mais il est du devoir de tout le monde de pointer globalement ce gâchis visuel. Notez bien que je m’éclate sur le jeu, je ressens même le besoin de le préciser afin d’éviter une avalanche de mépris de la masse environnante. Heureusement, d’autre part, la direction artistique du titre propose un vrai petit dépaysement et permet de s’évader à quelques reprises du marasme visuel omniprésent. Les inspirations sont évidentes.

TEST Pokémon Legends: Arceus
Screen fourni par l’éditeur

En parlant d’inspiration, Zelda BOTW n’est pas la seule influence flagrante. En effet, la manière de compartimenter le monde semi-ouvert fait penser à Monster Hunter, en résulte une sorte d’hybride mi-Zelda,mi-Monster Hunter, mi-Pokemon. Loin d’être un défaut, c’est même plutôt une force. En récoltant des qualités ci et là, le dernier jeu de GameFric parvient à se rapprocher de mes rêves d’ancien jeune enfant fan de Pokémon (je ne te pardonnerai jamais d’avoir volé mon câble link Gustave). Parfois avec quelques notes de musiques, parfois avec une belle composition, l’OST du jeu relève l’exploit de me faire voyager. Parcourir les plaines et les différents biomes dans le but de remplir mon Pokédex se révèle être hyper addictif, tant le plaisir de découvrir de nouveaux Pokémon fonctionne sur mon nouveau statut de fan à la reconquête de ses anciens sentiments.

« Se balader et découvrir quel Pokemon se cache derrière cette petite colline » définit finalement le cœur du jeu. En offrant une expérience nouvelle par rapport à ce que nous connaissions depuis 1999, les développeurs ont réussi à s’extirper du pire. Car en remettant tout cet avis dans une nouvelle perspective, je réalise que le macrocosme Pokemon sauve littéralement ce jeu se révélant être le digne enfant bâtard d’un échec technique accouplé à une licence comportant une communauté trop bienveillante et accrochée à leur dose de Pokédrogue. Si ces dernières paroles vous donnent envie de me fustiger, relisez l’article, et venez donc débattre avec moi sur Twitter ou Twitch (instant pub).

Reste à savoir si la lassitude prendra le pas sur la découverte au fil de l’aventure. Ce point dépendra de tout un chacun, puisque je le rappelle, certains joueurs de Pokemon répondent présents sans faiblir depuis la première génération . L’équilibre entre la découverte et l’ennui se dévoile comme mon profil de joueur, surtout lorsqu’il s’agit de cet univers vidéoludique s’étant bien trop enlisé dans une fainéantise de développement depuis tant d’années.

3

En très Bref

Légendes Pokémon : Arceus matérialise les espoirs des enfants tombés bien trop tôt dans le gouffre de l’ennui des jeux Pokémon. Force est de constater que le plaisir de la découverte et la soif d’aventure sauve le matériel de base, bien trop bancal techniquement.

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